En quoi consiste le processus d’accompagnement?

8 mars 2010 par Pascale Dutilleul Laisser une réponse »

Lors de la rencontre des professionnels de l’accompagnement des entrepreneurs, organisée par Advancia, le 2 février 2010, Caroline Verzat,  docteur en Sociologie des organisations, enseignant-chercheur à Advancia, a fait part de ses recherches et questionnements sur le processus d’accompagnement.

Elle a évoqué trois dimensions structurantes (cf. R.Cuzin et A. Fayolle, 2004) pour saisir la diversité des besoins d’accompagnement du porteur de projet :
– L’accompagnement varie en fonction de l’intensité du changement vécu par le créateur et l’intensité de la nouveauté du projet pour l’environnement. Plus l’individu change et plus il y a d’innovation, plus grand est le besoin d’accompagnement.
– L’accompagnement a trait aux représentations du porteur sur lui-même et sur son projet. Il doit arriver à modéliser, à parler, à en capturer la complexité : c’est un travail de compréhension.
– L’accompagnement est fonction de l’évolution et de la diversité des besoins : l’échange entre accompagnant et accompagné évolue au cours du temps et mêle des dimensions cognitives (techniques, financières, juridiques,…) et psychologiques (adéquation porteur/projet)  dans lesquelles l’écoute mutuelle et la confrontation des représentations sont importantes.

C. Verzat fait aussi référence à Maela Paul (philosophe de l’accompagnement) et à sa thèse:   « L’accompagnement, une posture professionnelle spécifique » (2004).
Accompagner, c’est « se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui ». C’est donc s’adapter à la singularité de chaque situation. L’accompagnateur « bricole » entre 3 postures:
– fonctionnaliste : pour répondre aux objectifs avec un oeil  d’expert
– herméneutique : entendre ce qui se joue pour la personne à ce moment-là. Quel projet? Pourquoi? Comment il s’ancre en vous? Une relation de confiance s’instaure avec le porteur.
– Réflexif et critique : confronter les différents points de vue pour aider au choix et à la décision, centrés sur la situation globale
L’accompagnant idéal a la capacité à jongler entre ces postures pour apporter les réponses adaptées.

C. Verzat a observé ces trois postures dans un incubateur technologique. Elles sont effectivement représentées. Les besoins d’expertises et de réseaux  (introduire dans les réseaux, valider le modèle économique, valider le profil de l’entrepreneur,…) semblent plus souvent mis en avant. Ensuite vient l’aide à la décision (aider à réfléchir, prendre du recul. Le dernier besoin est celui d’écoute personnelle (croire au projet, redonner confiance, rassurer). Ces besoins varient en fonction des personnes.
L’accompagnant cherche à rendre l’accompagné autonome. Il ne fait pas à la place.

C. Verzat , à partir de ces postures,  pose de nouvelles questions de recherche :

– De quoi dépend la capacité à bricoler entre les trois postures? De la personnalité de l’accompagnant? Du parcours professionnel et des compétences de l’accompagnant? de la finalité et du positionnement de l’incubateur? De l’expérience et de l’éthique de l’accompagnant?
– Comment former les accompagnateurs? Les besoins sont certes fonction de leur âge et de leur sexe. Le sont-ils de la nature de leur projet? de l’étape dans laquelle est le projet?
– Quelle communication entre accompagnants et accompagnés?

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